Des opérations aéroportuaires plus sûres et plus durables, qu’il pleuve ou qu’il vente
Alors que le volume du trafic aérien continue d’augmenter, les aéroports doivent pouvoir accroître leur capacité et limiter les retards, même dans des conditions difficiles telles que la pluie, le brouillard ou la neige. «Lorsque les conditions météorologiques réduisent la visibilité, les pilotes ont besoin d’un guidage fiable pour les aider à atterrir», explique Javier de Andrés-Díaz, coordinateur du projet chez ENAIRE(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), le fournisseur espagnol de services de navigation aérienne. Depuis plus d’un demi-siècle, cette fonction est assurée par le système d’atterrissage aux instruments(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) (ILS), un signal radio émis depuis la piste pour guider les avions pendant leur descente. Ce signal peut toutefois être perturbé lorsque des avions au sol passent à proximité de la balise, ce qui réduit la capacité opérationnelle de l’aéroport par mauvais temps. Le ground-based augmentation system (GBAS) constitue une alternative. «Alors que le ILS crée une trajectoire tridimensionnelle unique et rectiligne, le GBAS offre une plus grande flexibilité opérationnelle en prenant en charge plusieurs procédures et pistes, tout en permettant des opérations avancées avec un seul système», ajoute Javier de Andrés-Díaz. Avec le soutien du projet EDGAR(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), ENAIRE contribue au développement d’un GBAS amélioré qui offre sécurité, disponibilité et robustesse dans toutes les conditions d’exploitation et de visibilité, y compris pour les approches de catégorie I, II et III(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre).
Exploiter les signaux double fréquence de plusieurs constellations GNSS
Le GBAS améliore les signaux du système mondial de navigation par satellite(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) (GNSS) en fournissant aux aéronefs situés à proximité d’un aéroport des corrections précises ainsi que des données d’intégrité. Cela garantit une navigation précise et fiable lors des phases critiques du vol, telles que l’approche, l’atterrissage et le décollage. Le projet EDGAR s’appuie sur ce concept en augmentant le nombre de signaux satellitaires utilisés pour calculer la position et la trajectoire des aéronefs, grâce aux constellations du système de positionnement mondial (GPS) et de Galileo, dans le cadre d’un GNSS multi-constellations à double fréquence (DFMC). «Cela augment la précision, la disponibilité des signaux et la robustesse face aux interférences ainsi qu’aux conditions ionosphériques anormales(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) », explique Javier de Andrés-Díaz. Les futures évolutions des systèmes de renforcement par satellite(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) (SBAS), notamment du service européen de navigation géostationnaire(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) (EGNOS), renforceront également les signaux double fréquence provenant de plusieurs constellations afin d’améliorer la navigation GNSS dans toute l’Europe.
Moins de retards et moins d’émissions
En menant un large éventail d’activités de recherche et de validation, l’équipe EDGAR a contribué à faire progresser la solution DFMC GBAS. Ces travaux comprenaient la validation des performances de la solution à partir de données GNSS collectées dans les aéroports de Tenerife Norte et d’Ishigaki, dans des conditions ionosphériques difficiles liées à des éruptions solaires perturbant la propagation normale des signaux de navigation GNSS. Les chercheurs ont également analysé l’utilisation de Galileo dans le fonctionnement du DFMC GBAS et ses avantages, tout en testant différents modes de repli reposant uniquement sur des signaux monofréquence. Ils ont par ailleurs fait progresser le développement d’un système GBAS capable de fournir un service de catégorie II aux utilisateurs aéroportés actuels du GBAS de catégorie I. La normalisation étant essentielle dans l’aviation civile, le projet a également présenté ses travaux aux organismes de normalisation compétents. En contribuant au développement technique d’un système de navigation capable d’éviter les retards, annulations, déroutements et temps d’attente liés aux conditions de faible visibilité, le projet contribue à réduire le bruit, la consommation de carburant et les émissions de carbone. Qui plus est, l’utilisation de Galileo dans le cadre du projet soutient le développement et la compétitivité des technologies spatiales européennes.