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Cortical hierarchy of memories - deciphering the neuronal mechanisms of serial dependence in the human brain

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Décrypter le rôle de la mémoire dans l’expérience perceptive

Grâce à des études comportementales et à l’électrophysiologie, les neuroscientifiques ont créé des ensembles de données et des paradigmes expérimentaux qui jettent les bases de l’exploration de la manière dont la mémoire et les données sensorielles interagissent pour produire la perception.

Comment les expériences passées influencent-elles la perception actuelle? C’est l’une des questions fondamentales des neurosciences cognitives. La mémoire et la vision sont généralement considérées comme des domaines distincts dans l’étude de l’activité cérébrale, mais le projet CHROME(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), financé par le programme Actions Marie Skłodowska-Curie(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), a exploré les mécanismes par lesquels la mémoire et la perception s’influencent mutuellement.

Test de dépendance sérielle

L’un des mécanismes clés qui régit la formation des perceptions chez les individus est la dépendance sérielle(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre). Dans le domaine de la perception visuelle, il s’agit de la manière dont un élément vu un peu plus tôt influence notre perception actuelle. Darinka Trübutschek, boursière Actions Marie Sklodowska-Curie, a mis au point plusieurs expériences pour tester ce phénomène. Comme l’explique Darinka Trübutschek, «pour étudier la dépendance sérielle, nous avons demandé aux participants de porter des jugements très précis sur des caractéristiques visuelles simples, comme l’orientation d’un objet, sur de longues séquences d’essais. En suivant les réponses à travers de nombreux essais et en combinant les données comportementales avec l’oculométrie, nous avons constaté que les gens présentent des schémas cohérents dans la manière dont leur expérience passée façonne leur perception». Afin de mieux comprendre ce qui se passait dans le cerveau des participants, Darinka Trübutschek a eu recours à la magnétoencéphalographie (MEG)(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre), une technique non invasive qui mesure les réponses du cerveau à des stimuli visuels. CHROME a également mis à l’essai une nouvelle approche destinée à l’électroencéphalographie intracrânienne afin d’étudier le rôle de l’hippocampe dans la perception.

Phénotypes perceptifs stables et autres enseignements clés

Le projet a abouti à plusieurs conclusions importantes qui guideront la recherche scientifique cognitive à l’avenir. Par exemple, il a été démontré que tous les souvenirs n’ont pas la même influence. «Dans certaines de nos expériences», note Darinka Trübutschek, «nous avons montré que les informations activement conservées dans la mémoire de travail, c’est-à-dire celles qui sont pertinentes pour la tâche, peuvent l’emporter sur l’influence de l’histoire sensorielle plus récente. En d’autres termes, ce que vous avez à l’esprit peut avoir plus d’importance que ce que vous venez de voir». Un résultat particulièrement remarquable est que les participants ont présenté des différences individuelles stables – des phénotypes perceptifs stables – dans la manière dont l’apport sensoriel antérieur affecte la perception. Les personnes dont les perceptions penchaient vers les stimuli précédents présentaient un biais attractif, et celles dont les perceptions étaient plus susceptibles de diverger présentaient un biais répulsif. Ce schéma était très stable chez les individus lors de tests multiples.

Implications pour la compréhension de la perception

Grâce à des paradigmes expérimentaux et à des ensembles de données comportementales, oculaires et MEG robustes, CHROME a apporté d’importantes contributions qui faciliteront les recherches futures, y compris le développement de modèles informatiques. Ces ressources sont destinées à être utilisées par d’autres scientifiques et, grâce à des mesures répétées, les ensembles de données permettront de poursuivre l’étude des effets individuels. Les paradigmes expérimentaux sont flexibles et peuvent être adaptés à de nouvelles populations et questions de recherche. Le fait de comprendre que la perception ne se limite pas à la simple prise en compte de la réalité objective du monde a des implications pour l’éducation et les neurosciences cliniques. Pour les élèves de tous âges, les éducateurs doivent faire face au fait que les connaissances antérieures ne soutiennent pas seulement l’apprentissage, mais qu’elles façonnent activement la manière dont les nouvelles informations sont perçues. Dans les cas où la perception est altérée, comme dans l’autisme et la schizophrénie, une meilleure compréhension de la manière dont la mémoire et les stimuli sensoriels contribuent conjointement à la perception pourrait permettre de mieux cerner ces troubles. Les conclusions du projet ont de vastes implications. «Pour comprendre le comportement, nous devons comprendre non seulement les informations que les gens reçoivent, mais aussi comment leur expérience récente façonne ce que deviennent ces informations», souligne Darinka Trübutschek.

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